Des lectures francophones pour mieux comprendre le féminisme

Tout mouvement voulant changer l’ordre établi va créer du remous. Le féminisme ne fait certainement pas exception à cette règle. La dernière campagne électorale américaine nous l’a rappelé : la lutte est loin d’être terminée. En plus des opposants habituels que l’on doit affronter sur une base quotidienne, nous devons également faire face à nos propres contradictions et à nos propres préjugés. C’est une bataille qui provient de plusieurs fronts, on s’entend.

(Voir aussi Rassemblement à Montréal en solidarité avec la Marche des femmes sur Washington le 21 janvier 2017)

Je me suis ensuite laissée inspirer par un article du Buzzfeed qui propose une liste de 27 livres à lire avant de prendre part à la Women’s March on Washington. Ces livres offrent différentes perspectives féministes : historiques, culturelles, ethniques, sexuelles, etc. J’ai donc voulu faire de même, mais avec des ouvrages francophones. Ma liste a été créée un peu à la hâte et n’aura pas la prétention d’être exhaustive. Elle ne fait qu’état de plusieurs lectures qui auront contribué à former mes idées.

Femme, Réveille-toi : Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne – Olympe de Gouges – Éditeur Gallimard 

olympedegougesDans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges prône l’émancipation de la femme et l’égalité totale entre les deux sexes. Elle lance aussi un appel à l’action.

Femme, réveille-toi ; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l’univers ; reconnais tes droits. Le puissant empire de la nature n’est plus environné de préjugés, de fanatisme, de superstition et de mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l’usurpation. L’homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne. Ô femmes! femmes, quand cesserez-vous d’être aveugles? 

Lorsque des mots publiés lors de la Révolution française résonnent autant encore de nos jours, c’est parce que le propos est malheureusement encore trop pertinent.  Olympe de Gouges est une pionnière du féminisme français. L’auteure-compositrice-interprète Rosie Valland lui rend d’ailleurs hommage avec sa superbe chanson Olympe.

Le Deuxième sexe tome I et tome II – Simone de Beauvoir

sdbeauvoir-tomeisdbeauvoir-tomeiiParu en 1949, cet ouvrage existentialiste et féministe est considéré comme une oeuvre majeure de la philosophie. Riches de référents littéraires, historiques, sociologiques, scientifiques et bien sûr, philosophiques, les deux tomes du Deuxième sexe restent encore de nos jours LA référence de la philosophie féministe. Puisque l’existentialisme implique la responsabilité humaine, De Beauvoir appelle les femmes ET les hommes à agir de façon solidaire afin de permettre l’émancipation des femmes. Une lecture importante et nécessaire.

Abécédaire du féminisme – par Noémie Désilets-Courteau , Sarah Marcotte-Boislard – Éditeur SOMME TOUTE (2016)

abecedaireCet ouvrage nous offre plein de raisons de croire au féminisme. Cet abécédaire est le résultat d’une série de chroniques présentées depuis 2013 à l’émission Plus on est de fous, plus on lit. Livrées par des intervenants provenant de générations et milieux culturels différents, on y explore plusieurs concepts et idées, en plus de présenter des personnages importants de l’histoire du féminisme.  Plusieurs thèmes ont émergé : le sort des femmes autochtones, la sexualité, la maternité, la pression de l’industrie de la beauté, etc. Ces chroniques ont été mises en tête de façon très agile par Noémie Désilets-Courteau et illustrées par Sarah Marcotte-Boislard.

 

Sous la ceinture : Unis pour vaincre la culture du viol – Sous la direction de Nancy B.-souslaceinturePilon – Éditions Québec Amérique (2016)

Avec ce recueil, on a voulu faire parler des gens qui n’ont pas l’habitude de s’exprimer au sujet de la culture du viol. On a fait appel à des femmes, à des hommes afin qu’ils nous fassent part de leurs points de vue. La lecture de certains de ces textes m’a bouleversée. Je m’y suis retrouvée en leurs mots.

Il existe une culture du viol, peu importe ce que certains diront. Pour la vaincre un jour, il faut l’exposer, cesser de laisser « glisser  » des attitudes, des comportements, des propos sous le tapis, pour x et y raisons.

 

Second début : Cendres et renaissance du féminisme – Francine Pelletier – Éditeur Atelier seconddebut10 (2015)

Francine Pelletier est active dans le mouvement féministe québécois depuis plus de 30 ans. Journaliste et cofondatrice de la revue La Vie en rose, elle a vu le mouvement naviguer dans plusieurs vagues pour le meilleur et pour le pire.

Second début pourrait se décrire comme étant le récit d’une « vieille féministe ». On le lit pour reconnaître ce qui animait le mouvement autrefois afin de penser celui d’aujourd’hui.

 

La revanche des moches – Léa Clermont-Dion – VLB éditeur

revanchedesmochesAlors qu’elle est encore adolescente, Léa Clermont-Dion devient co-instigatrice de la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée. La revanche des moches est paru quelques années plus tard mais démontre la quête de l’auteure à essayer de comprendre ce culte de l’apparence. Pourquoi sommes-nous autant contrôlés par l’image?

Pour essayer de faire le tour de la question (fera-t-on vraiment le tour de la question un jour?), elle a rencontré plusieurs personnalités et experts qui témoignent de cette relation complexe que nous entretenons avec notre corps.

Alors que Second début nous propose le récit d’une féministe d’une « autre génération », La revanche des moches s’inscrit dans le nouveau mouvement féministe québécois, celui qui devrait donner espoir à des femmes telles que Francine Pelletier.  (À lire également Les Superbes de Mme Clermont-Dion et Marie Hélène Poitras. Édition VLB Editeur. J’en reparlerai dans un autre post.)

Fuck you Évangéline – Céleste Godin (en ligne)

celeste-godinParce que ce texte me représente plus que le poème de Longfellow. Parce qu’il est direct. Parce qu’il traite de plusieurs questions que doit se poser le peuple acadien d’aujourd’hui, pas seulement de féminisme. Parce qu’il fallait une Céleste pour l’écrire. Parce qu’il me rappelle qu’il y a une belle relève féminine créative et engagée dans mon Acadie.

Fuck you Évangéline.
fuck you parce que Pélagie te kickerait le cul for sure si y’avait une fight
dans un bras son peuple, dans l’autre la charrette,
elle te taperait right dans les amourettes
pis elle continuerait vers la patrie
pendant que toi tu chase Gabriel forever

Les trois romans de Nelly Arcan m’ont tous profondément marquée. Je me réserve un billet à leurs sujets pour une autre fois.

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Des livres ajoutés à ma liste « À lire »

Parce le travail d’une femme n’est jamais terminé (ou d’un homme tant qu’à y être), je n’aurai jamais lu tous les ouvrages sur le sujet, même si je le voulais. Mais en voici quelques uns que j’aimerais bien lire très bientôt.

Les lettres de Marichette (institutrice et épistolaire féministe acadienne du XIXe siècle)
Les antiféminismes – Analyses d’un discours réactionnaire
 – Sous la direction de Diane Lamoureux et de Francis Dupuis-Déri – Éditeur Remue-Ménage
Mines de rien – Chroniques insolentes – Isabelle Boisclair, Lucie Joubert et Lori Saint-Martin – Éditeur Remue-Ménage
Manuel de résistance féministe – Marie-Ève Surprenant – Éditeur Remue-Ménage
King Kong Théorie – Virginie Despentes – Éditeur LGF – LIVRE DE POCHE
Ainsi-soit-elle – Benoite Groulx

Cela va de soi, j’attends vos suggestions pour en ajouter à cette liste!

 

Rassemblement à Montréal en solidarité avec la Marche des femmes sur Washington le 21 janvier 2017

Au lendemain de l’investiture du 45e président des États-Unis, pour rappeler les acquis et afficher des valeurs d’inclusion, de diversité, de justice sociale et réaffirmer les droits humains, un rassemblement aura lieu à Montréal, alors qu’au même moment se tiendra une marche qui réunira des centaines de milliers de personnes à Washington. Mentionnons que des évènements similaires se dérouleront dans quelque 300 villes, dans 32 pays.

Aide-mémoire

Quoi: Rassemblement en solidarité avec la Marche des femmes sur Washington
Lieu : Esplanade de la Place des Arts
Date : Le samedi 21 janvier 2017
Heure : 11 heures

Animé par Toula Drimonis et Cathy Wong, plusieurs invitées ont confirmé leur présence:

Ouverture par des représentantes et représentants de la Nation Mohawk
Béatrice Vaugrante, présidente d’Amnistie internationale Canada francophone et ambassadrice de l’évènement
Véronique de Sève, vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN)
Gabriella Kinté, Tout le Hood en parle
Maïtée Labrecque-Saganash, militante crie et étudiante en science politique
Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec
Mélanie Sarazin, présidente de la Fédération des femmes du Québec
Émilie Nicolas, présidente de Québec inclusif
Rachel Zellars, directrice de la Fondation filles d’action – Girls Action Foundation

Les Mémés déchainées (Raging Grannies) et La Bronze seront sur place pour des prestations.

https://www.facebook.com/events/1711075705872620/

Rentrée 2017 libre et instable

logo-instableDepuis mon arrivée à Montréal, j’ai eu l’occasion de collaborer avec plusieurs projets très intéressants, dont les Productions de l’Instable dont la mission est de proposer de nouvelles structures de création pour le théâtre improvisé. On repousse le concept de l’acteur-créateur alors que les acteurs sont appelés à expérimenter devant le public. On a donc droit à un univers théâtral différent, surprenant et déstabilisant.

 

Les Productions de L’Instable dévoile donc leur programmation d’hiver 2017 qui sera lancée le 24 janvier pour se terminer le 28 mars. Et la troupe déménage de lieu! On se rend au niveau supérieur du O Patro Vys, une salle mythique, située coin St-Denis et Mont-Royal (ou plus précisément 356, av. du Mont-Royal Est). Les spectacles ont lieu tous les mardis à 20 h. Les billets sont de 12 $ en prévente et de 15 $ à la porte. Pour réserver : info@prodinstable.com

 

PROGRAMMATION 2017

dompteurDOMPTEUR
24 et 31 janvier, 7 et 14 février
Figurant au palmarès des 6 meilleurs spectacles à voir à Montréal en 2015 de CultMTL, DOMPTEUR est le spectacle signature de L’Instable. Un concept vibrant de mise en scène spontanée qui vous plonge dans l’univers créatif des artistes toujours différents qui composent chacune des représentations. Plus de détails

zitto_petitZITTO!
21 février
Le spectacle entièrement improvisé et sans paroles programmé selon notre humeur… Une fois de temps en temps seulement… C’est maintenant le moment de voir Frédéric Barbusci, Christian Vanasse, Antoine Vézina et 2 comédiens de L’Instable accompagnés par Dominique Hamel se risquer dans ce concept surprenant et déstabilisant. Plus de détails

elles


ELLES

28 février, 7, 14 et 21 mars
Le geste et la parole de nos actrices, avec un acteur à leur service. Quatre représentations au total, dont deux dans la programmation de Montréal en Lumières seront présentées dans la magnifique salle du Balcon. Plus de détails

Pour en savoir plus sur l’horaire, la distribution des spectacles, la démarche et la direction artistique des Productions de L’Instable.

www.prodinstable.com // www.facebook.com/prodinstable

 

Un mille à pied…

Ça faisait deux ans hier que j’ai élu domicile dans la métropole. Ça me paraît une éternité puis en même temps, je peux frôler ces souvenirs tellement ils sont encore tout près.

Je pourrais en raconter en long et en large et je suis certaine que je le ferai un jour. Mais ça reviendra toujours au même. Mon expérience montréalaise en aura été une de marche.

Je marche constamment. Cela n’est pas nouveau. Même à Moncton, même à Saumarez, j’ai toujours marché. J’ai eu mon permis de conduire à 16 ans. Alors que la plupart des jeunes de mon âge et de ma génération étaient plus qu’heureux de pouvoir finalement prendre la voiture de leurs parents, moi, je le faisais par nécessité. Je ne vais pas énumérer les raisons ici, ce sera peut-être pour un autre texte, mais je déteste conduire.

Donc, je marche. Beaucoup. Constamment. Encore plus à Montréal. Malgré le transport en commun que j’utilise sur une base presque quotidienne. Il y a toujours des labyrinthes à parcourir. Mes jambes sont toujours en mouvement. Mes muscles de jarrets sont comme du roc. Peut-être quand je dors, je suis immobile, mais même là, je suis certaine que mes pieds font les 100 pas sous les couvertures.

Je me vois marcher du Parc du Bout-de-l’Île jusqu’au Parc Nature du Cap-Saint-Jacques. (Sur Google Maps, ça me paraît pas mal l’extrême Ouest de l’île). Je canaliserai le Tout Montréal de Gabrielle Roy, en usant mes semelles de chaussures sur la rue Notre-Dame et je serpenterai les rues perpendiculaires pour sillonner le boulevard Gouin.

Je ne partirai pas d’ici sans m’être perdue à plusieurs reprises. Je connaîtrai les rues et les boulevards de l’île mieux que moi-même. Je n’aurai pas à utiliser mon app Google Maps. Peut-être que je partagerai mes trouvailles, peut-être que je les garderai pour moi. Il faut se laisser des mystères.

Je marche énormément de fond en large. Je marche tellement que j’ai décidé de courir. Par intervalle. Par km. Je fais des courses où mon temps est chronométré grâce à une puce dans mon dossard. Je marche et je cours tellement, je m’imagine marathonienne. Marathonienne dans cette île qui entoure un mont royal. C’est bizarre, mais c’est tout à fait possible.

Je n’ai pas fini de marcher.

 

 

Je devais être productive aujourd’hui

Je prévoyais être productive aujourd’hui. J’avais une checklist de projets à compléter.

J’avais vraiment de bonnes intentions. Je voulais écrire un texte percutant sur le 11 septembre. Ça fait 15 ans quand même.

Je devais m’installer devant mon ordi et mettre des chiffres dans un tableur. Une fois calculés, ces chiffres allaient mettre de l’ordre dans ma vie. Genre de. Je pense.

 

Un texto d’une amie me fait soudainement rendre compte que je m’étais rendue dans le Mile-End. J’étais partie sur un trip quasi-inconscient. Je me suis rendue à l’évidence qu’aujourd’hui n’allait pas être une journée productive.

J’ai pourtant écrit 600 mots de ce texte « percutant » pour me rendre compte que je n’avais pas vraiment envie d’en parler du 11 septembre. C’était mon entrée officielle dans la vie adulte. J’ai évolué ensuite dans un monde paranoïaque où l’on acceptait de mettre de côté nos libertés individuelles et notre vie privée au nom de la sécurité.

Et de dire que je me suis déjà indignée devant les atteintes à la vie privée. Mon utilisation de Facebook depuis presque 10 ans me fait réaliser à quel point j’ai égaré plusieurs de mes idéaux.

Nah, aujourd’hui, j’ai plutôt décidé d’errer avec des amis qui semblaient être autant dans les vapes que moi. On a discuté de changements de jobs, de déménagement, de nouveaux amours, de crème glacée, de gnocchis, de pretzels qui ne goûtaient pas grand chose. J’ai déjà eu bien pire comme après-midi.

Je ne serai pas productive aujourd’hui. Voilà.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis peureuse

Je ne suis pas une éternelle optimiste. Je suis même assez peureuse dans la vie, m’attendant au pire dans chaque situation.

Quand je suis en haut d’un escalier, je m’imagine déjà débouler jusqu’en bas, épaule disloquée, tibia fracturé, ecchymoses et hémorragies internes. Je ne descends jamais les marches en courant. Je dois me tenir sur les côtés, sur la rampe préférablement, j’ai l’impression d’être davantage en sécurité. Je répète ce manège à chaque fois que je me trouve à descendre plus de sept marches. Ça ne manque jamais.

Ma grand-mère était une peureuse. Je ne sais pas ce qu’elle penserait du fait que je suis déménagée à Montréal, « la grande ville où se trouve la pègre ». Je vous le jure que ce sont les mots qu’elle a utilisés pour décrire Montréal.

À vrai dire, elle ne décrivait pas seulement Montréal comme cela, mais le Québec au complet. Cela vient d’une femme qui a vécu quelques années à Montréal pendant les années 50. Je ne sais pas ce qu’elle faisait en ville. Même ma mère ne le sait pas, c’était avant son temps. Je commence à croire que ma grand-mère a un passé plus rock and roll que je le croyais dans ma jeunesse.

Ma grand-mère ne faisait pas confiance aux gens qu’elle ne connaissait pas, imaginant le pire de chaque situation. Quand j’étais jeune, cela m’agaçait. Ma grand-mère est raciste, homophobe? C’est tellement vieux jeu! On ne vit plus comme cela! Le monde évolue!

Mais maintenant quand j’y pense, je me rends compte qu’elle n’aimait juste pas les gens qu’elle ne connaissait pas. Peu importe l’ethnie, l’orientation sexuelle, pour qui tu votes aux élections, ma mémére ne pensait pas grand chose de toi si elle ne te connaissait pas.

C’était agaçant quand j’étais jeune. Je n’ai rien contre les gens. Je suis timide et réservée, mais l’étranger à côté de moi ne me dérange pas. Il a sa vie à vivre après tout. De quoi je me mêle. Je me suis dit que je ne serai pas une peureuse comme elle, car ce n’était pas une vie à vivre.

Mais les années passent, ma grand-mère nous a quittés il y a de cela 12 ans, et je dois me rendre à l’évidence. J’ai hérité de sa peur. Je n’ai pas peur des gens. Mais j’ai horreur de l’inconnu. Je m’empêche de faire beaucoup de choses parce que si quelqu’un s’est noyé à un moment donné en faisant du radeau, ça va sûrement m’arriver à moi. Peu importe si la majorité des gens ont survécu et ont réussi à vivre une bonne vie après une promenade en radeau. Donc, on comprend que le white water rafting, ce n’est pas sur ma to-do list.

Je ne parle pas seulement de descente d’escaliers et de rapides, ici. Je me suis empêchée pendant longtemps d’émettre mes opinions, de laisser fleurir ma créativité, de me dévoiler aux autres, car je voyais seulement des murs et moi qui fonçait dedans. Il y avait parfois des portes, mais je n’aurais pas pu les ouvrir, car de toute façon, elles étaient sûrement verrouillées à clés.

Mais depuis quelques temps, je ne sais pas ce qui a été le déclic, mais j’ai une envie terrible de sortir de ma zone de confort. J’ai toujours peur de descendre des escaliers, mais je dois absolument les monter en courant. J’écris ce texte et je vais sûrement le publier sans même le réviser.

Changer de ville, de province, (de pays?) contribue sûrement à ces nouveaux sentiments. Mais le déclic s’était fait bien avant que je décide de partir de cette stabilité que je vivais auparavant. Toutefois, Montréal me permet d’expérimenter davantage, en allant au-delà de mes propres préjugés que j’avais à mon sujet.

Si ma peur de l’inconnu est toujours là, ma crainte des murs se dissipe. Des murs, ça se défonce avec le bon marteau. Puis mon trousseau de clés est bien plus garni que je ne le pensais, il fallait juste que je le trouve au fond de mon sac à dos.

Il y a de cela 10 ans, je ne me serais pas vue déménager à Montréal et y faire ma vie. Mais me voilà, dans le chaos et l’incertitude, mais très en vie. Je voudrais parfois être ailleurs, mais je préfère avant tout être où se trouvent mes pieds. Tant et aussi longtemps que je peux les voir ceux-là, je sais que tout va bien aller. Je peux bien vivre avec mes peurs.

Bonne journée.